• Liebster awardée

    Si tu m'aimes qu'à 99%, tu peux lire aussi, va.

      O'Kryn m'a passé le flambeau du Liebster award il y a plus de trois mois et j'espère qu'elle n'a pas cru que je la snobait en ne répondant pas illico à son message.

      Avertissement (TREZ IMPORTANT) : Déontologiquement parlant, je ne devrais pas être en train d'honorer sa demande puisque ce blog compte plus de 200 abonnés *éclat de lumière sur mon incisive supérieure*. Et pis de toute façon tenir un "blog" en 2017 ça craint, maintenant faut dire journal donc on va dire que je sens encore le pâté mais que j'ai quand même du mérite. Eklajournal.com. Non ? Bref, vous pouvez lire, mais vous transgresserez l'esprit du liebster award, donc voyez avec votre conscience.

      Alors d'abord il faut dire 11 choses sur soi :

    1 - J'ai mon fauteuil au club des introvertis, j'en suis même vice-présidente. Quand quelqu'un me demande "alors et toi qu'est-ce que tu racontes ?", je ressens un profond désarroi, en mode "Cosette, qui jouait tranquillement dans son coin avec une allumette et un vieux morceau de semelle, se vit balancer dans les jambes un seau de 10 kilos par la Thénardier, avec ordre d'aller puiser de l'eau sur le champ pour désaltérer le demi régiment qui venait de faire halte à l'auberge, parce faut pas qu'elle croye qu'elle est là que pour faire de la figuration la petite". L'avantage pour mes proches, c'est que je suis un peu l'équivalent d'une retraite en monastère : on ne risque pas d'être distrait par ma conversation et il paraît que j'ai une présence apaisante.

    2 - J'ai un petit fond cracra. En ce moment j'essaye de voir combien de temps sans shampoing ma chevelure reste présentable. On arrive subjectivement à 5 jours alors que j'ai le cheveu plat et gras de nature, je suis assez contente, même si on va rester à 4 par prudence sociale. Maintenant faut que j'essaye le shampooing maison. Ensuite, je vole un chien, je me couds un baggy et c'est parti pour la vraie vie parisienne, première station : Bastille.

    3 - Le toucher des épingles sans tête m'est désagréable, donc je n'en utilise pas. Et comme je n'aime pas l'idée de dessiner les mêmes courbes que tout le monde, je n'utilise pas de perroquet non plus (même si la vraie raison, c'est qu'il y a jamais la courbe que JE veux). Heureusement, je prends sur moi et utilise quand même une règle et une équerre.

    4 - Je n'ai jamais eu de compte facebook ni de smartphone...

    Liebster awardée
    'tain, même les cybermen ont eu Insta avant moi !

    ...mais tout un chacun peut documenter ma vie grâce au hashtag #laviedebiquette

    5 - Je mets des plombes à m'endormir couchée sur le dos alors que sur le ventre, c'est plié en 5 minutes. Sauf si le matelas est trop mou bien entendu. En première année d'école j'ai dormi par terre à côté d'un grand lit parce que le matelas était horrible et que je ne voulais pas faire chier ma logeuse.

    6 - J'ai longuement hésité à ouvrir un blog parce que je savais qu'un jour ou l'autre j'allais dire ce que je pensais et vexer des gens.

    7 - Je me maquille rarement et porte encore plus rarement des bijoux (mais ça c'est parce que Monsieur ne m'en offre pas :-P ). Je dois avoir la """routine beauté"""(NEQMITW) la plus expéditive de tout Paris. Sérieusement, c'est bien trop fatiguant de faire la femme sophistiquée. Si j'ai de l'argent je préfère le mettre dans les parfums.

    8 - Je n'aime pas être en avance. J'ai donc eu quelques problèmes avec la SNCF. Heureusement ça va mieux depuis quelques années.

    9 - Je suis également tête en l'air, et là aussi, y a du mieux depuis que je suis sensée être une femme responsable. Enfin l'an dernier je me suis quand même trompée de train pour aller fêter Noël, alors que les autres mortels regardaient le panneau moi j'ai suivi mon intuition :-D

    10 - En parlant de mortalité je sais de quoi je vais probablement mourir et j'ai pas hâte.

    11 - J'ai longtemps cru que la caféine n'avait pas d'effet sur moi puisque ça ne m'empêchait pas de dormir et puis un matin j'ai acheté un latte chez un cafetier américain bien connu et j'ai du m'y reprendre à 3 reprises pour réussir à injecter correctement un vaccin tellement j'avais les mains qui tremblaient. Faut toujours qui z'en rajoutent les ricains aussi...

     **********

      Et ensuite il faut répondre aux 11 questions de la personne qui nous a nominé :

    1. Depuis combien de temps fais-tu de la couture ?
    Ben si on compte mes premiers spectacles de scouts ça fait 20ans, si on parle activité régulière, une douzaine.

    2. Quel style as-tu ou veux-tu avoir dans les vêtements que tu portes ?
    J'ai un style détendu limite dégingandé, convivial, rustique. Think "Belle fermière". J'aime qu'il y ait quelque chose qui accroche l'œil, que ce soit l'harmonie des couleurs, la coupe... Heu, ce n'est pas facile de définir son style, je pense qu'on devrait laisser les autres le faire. Quoique selon certaines sources, je serais une des multiples incarnations de madame Mim. N'importe quoi.

    Liebster awardée

    3. Rebelle ou reine des neiges ?
    Chaipas, mes connaissances ne sont pas à jour faute de côtoyer suffisamment ma nièce.

    4. Découseur ou ciseau coupe-fil ?
    Ciseau coupe fil à 100%, le découseur est un agent du Malin, trop d'habits se sont trouvé déchirés les quelques fois où je l'ai utilisé.

    5. Jedi ou Sith ?
    Sith, obligé. Parce que Jedi Sith à la vie. (hum, trop de spots publicitaires...)

    6. Pratiques-tu d'autres activités créatives ? Si oui lesquelles ?
    Le pet créatif, ça compte ? C'est Monsieur qui m'a initiée :-D


    7. Un(e) musique/chanson/groupe parfait pour créer ?
    Belle & Sebastian. Quoique Prefab Sprout serait peut-être à recommander si on considère la question précédente...

    Et maintenant, on dirait qu'on ferait tous un suicide collectif par overdose de twee !

    8. Tes vacances préférées (lieu/activités) ?
    Je ne pars pas assez en vacances pour le savoir.
    -> "Blogueuse semi-influente à plus de 200 abonnés cherche sponsor pour séjour tous frais payés dans prestigieuse capitale européenne pour 2 personnes. Pas sérieux s'abstenir."

    9. Un souci : youtube ou livre ?
    Tricot : youtube
    Couture : livre.
    Mais j'ai jamais de souci, que des problèmes.

    10. Sac à main : porté épaule ou bandoulière ?
    Porté épaule, parce que bandoulière on te mate les nichons merci bien. Mais pas de sac à main c'est encore ce que je préfère. Là je termine d'user un sac en toile que Tantchen Burda m'avait offert au début de la décennie. Je ne l'ai jamais lavé, rapport au point 2 des confessions intimes ; jamais un regard de convoitise rapport à ses trous aux 4 coins, ça dissuade les galopins de vouloir me le subtiliser.

    11. Ton tissu préféré (matière ou créateur) ?
    Le Cosmic Blue de Atelier Brunette.
    Ah, on me souffle dans l'oreillette que je ne suis pas crédible.
    Bon il est très joli ce tissu mais je préfère quand même ceux des Trouvailles d'Amandine, notamment le chambray et le jean. Pour preuve, au printemps j'ai passé 1 jour/2, et même quelques nuits, dans mon short en jean coloris glaise. Et parce que j'aime sa politique de transparence. Enfin pas celle du tissu on s'entend.

    **********

      Le temps est venu de formuler les questions pour ceux que je nomine à leur tour, et c'est là toute la difficulté de l'exercice, qui nominer ? Grand moment de culpabilisation où tu te rends compte que tu ne lis pas assez de blogs en dessous de 200 abonnés, ainsi que de dépit parce que tout le monde a déjà répondu à ce satané questionnaire. Je vais donc frauder lâchement et nominer des gens qui n'ont pas encore de blog, mais dont je suis sûre de l'aimer si d'aventure ils en ouvraient un (mais si vous ouvrez un journal je vous renie, déconnez pas). Sont donc nominées AltheaIseult et Liseli, parce que les pseudos en 6 lettres, y a que ça de vrai.

    - si tu devais passer une semaine dans la peau d'une personne qui serait toi mais avec une caractéristique différente (par exemple le sexe, des gros nichons, ou n'importe quel trait de caractère), quelle serait la caractéristique que tu choisirais ?
    - est-tu déjà allée au casino ?
    - préfères-tu les chiens ou les chats ?
    - bière ou cocktail ?
    - imagine que tu découvres encore une kréatriss qui pompe ses patrons sur ceux d''une autre, qu'est-ce que tu ferais ? (c'est pour une amie)
    - comment appelles-tu les objets nés du contact avec ta machine à coudre ? Des projets, des réalisations, des cousettes, des oeuvres, des merdouilles, autre ?
    - nuisette ou pyjama ?
    - quand est-ce que tu crées un podcast couture ?
    - ta machine à coudre a-t-elle un petit nom secret ? Si oui lequel ? (attention il y a un piège)
    - team "boîte" ou team "sac à patates" ?
    - si c'était à toi qu'incombait la création d'un uniforme que porteraient tous les français le lundi y compris Mister President, à quoi ressemblerait-il ?


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  •   Vous aviez déjà pensé à démocratiser le jambon ? Ben moi non plus. Par contre, démocratiser le DIY et les patrons de couture, je vois qu'il y a des gens qui prennent ça très à cœur et tiennent à ce qu'on le sache. Alors, en ces temps électoraux, comment s'y prendre pour démocratiser un patron, voire la couture elle-même (qui comme on sait a toujours été un truc d'aristo) ?
    Y place-t-on d'office
    une poche aux dimensions d'une carte d'électeur ?
    Lui apprend-on qu'en démocratie on a le droit d'habiller tout le monde à l'exception de quiconque apporte son suffrage à l'extrême droite ?
    Met-on en place le revenu universel ou une allocation spécifique afin que chacun puisse acquérir au moins deux patrons de petit créateur par mois ?
    Les instructions desdits patrons s'efforcent-elles de respecter la diversité culturelle du public auquel elles sont destinées ?
    Encourage-t-on le développement de types de coutures à même de renforcer la cohésion et la solidarité sociale ?
    Crée-t-on un livret surjeteuse permettant de s'endetter à taux préférentiel pour l'acquisition d'une véritable machine de guerre ?
    Car là seraient les véritables enjeux.

    **********

      Petit exercice : dans la liste suivante, certaines entités sont démocratisables, d'autres non, d'autres encore déjà démocratisées. Lesquelles ?
    - la bêtise
    - les colliers en pâtes
    - les pattes d'éléphants (véritables ou en tissu)
    - la broderie

    - le cannabis
    - la miséricorde
    - mes fesses

    - les républicains
    - l'impôt sur la fortune
    - le jardinage
    - les merceries

      Deuxième exercice : parmi ces mots ou groupes de mots, certains sont plus à même d'exprimer le sens de "démocratiser" tel qu'employé dans le cas de l'objet patron de couture et plus largement des travaux manuels. Lesquels ?
    - diffuser un usage (le plus largement possible afin de dégager un bénéfice le plus large possible)
    - permettre à une clientèle jeune et solvable de renouer avec une pratique populaire tombée en désuétude et à nouveau tendance.
    - populariser
    - s'attribuer un rôle dans un regain d'intérêt préexistant pour certaines techniques. Parfois on dirait même qu'il n'y a jamais eu personne avant pour préparer le terrain.
    - mettre quelque chose à la portée du plus grand nombre en en réduisant le coût.
    - appliquer des recettes de marketing viral à un produit relevant d'un savoir-faire désirable à une période donnée.
    - rendre accessible à toutes les classes sociales ce qui était réservé à une élite.
    - simplifier
    - apprendre à quelqu'un à faire quelque chose
    - transmettre

      Question bonus spécial prof de français (comme il y en a plusieurs qui lisent) : j'aimerais savoir depuis quand les gens, y compris les journalistes, se sont mis à écrire "ce qu'il se passe" au lieu de "ce qui se passe".
    Rien à voir avec la choucroute, mais ça m'intrigue...


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  •   Ce mois ci,  ô lecteur, j'ai essayé d'y mettre du mien et de participer périphériquement au me made month pour permettre à la plèbe de goûter la flamboyance stylistique dont le vicomte régale son entourage au quotidien. Malheureusement 1- je n'ai pas été assidue, 2- j'ai mis de de la sape très basique puisque mon temps était principalement partagé entre le travail et les travaux, 3- j'ai laissé du cuissot sur la piste des Leroy Merlin de la petite couronne, donc place au spectacle du jean basico-basique en bout de course qui se raccroche à la crête iliaque dans un dernier éclat de glam me made mom's.

    Mars : le mois qui l'a fait

    8 mars : départ de la farandole de l'ennui : jean fatigué et pull en alpaga/mouton trop vu tout l'hiver

    Mars : le mois qui l'a fait

    11 mars : où l'on retrouve tout de même son jean d'étudiante à fesse trouée avec plaisir

    Mars : le mois qui l'a fait

    5 mars : où l'on tente de meubler avec le pull Chuck trop grand en mouton/acrylique intronisé pull de bricolage. En dessous, chemise His'n'hers au col cloqué et au tissu jauni, qu'il ne vaut donc mieux pas voir de trop près mais qui reste bien pratique. Introduction du short sur mesure également intronisé short de bricolage rapport à la tache de peinture qui n'a pas manqué de venir décorer la cuisse droite dès le deuxième jour.

    Mars : le mois qui l'a fait

    10 mars : la femme de Vitruve prenant ses marques devant la porte de cuisine. Chemise burda en lin-viscose (patron 113 02/2010) et short encore. Collants Bleu forêt en fin de vie transformé en legging, d'où les chaussettes.

    **********

    ∴ Intermède popote ∴

      J'ai testé sur la paire de Docs pas cirée depuis très longtemps l'enduit qui m'a servi de bouche-pore pour les carreaux de ciments de la cuisine. Anéfé, encouragée par cette excellente doc d'Emery & Cie sur le sujet, j'ai voulu tenter de fabriquer un encaustique à l'ancienne plutôt que de prendre celui que proposait le vendeur (de mémoire : acétone + plein de composés issus de la pétrochimie)

    Après quelques essais, je me suis fixée sur la formulation suivante :
    - essence de térébenthine 60%

    - cire d'abeille 37%
    - cire de carnauba 3%

     
    J'ai trouvé les cires chez Aromazone, et la préparation a été faite au bain-marie sur plaque électrique, la cire de carnauba ne fondant que vers 80°C. Les cires créent le film hydrophobe à la surface du carreau, celle d'abeille ayant un aspect satiné, et celle de carnauba une forte brillance (d'où le petit 3% pour éviter l'effet patinoire). L'essence de térébenthine leur sert de solvant, plus il y en a et plus la préparation sera onctueuse et l'application sur le support facile. Si c'était à refaire j'augmenterai même la proportion à 70% car même en faisant attention à l'appliquer en fine couche certains endroits sont un peu trop chargés même après une unique application.

    Mars : le mois qui l'a fait

    Sniiiiiiiiiiiiiif : ah, ça décongestionne en plus !

      Ensuite je m'en suis servie pour cirer les étagères en bois brut fraîchement posées, c'était parfait, et cette odeur de cire d'abeille me plonge dans les délices dès que je pose mon pif dessus.

      Puis ce sont donc les chaussures qui y ont eu droit avec le résultat que l'on voit. Les lacets ont été poisseux pendant 2-3 jours parce que j'ai eu la flemme de les retirer et à ce jour tout est rentré dans l'ordre.

    Mars : le mois qui l'a fait

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    Mars : le mois qui l'a fait

    18 mars : journée des malvoyants avec le gilet en shetland roux qui m'a servi de pelure supérieure par tout temps tout cet hiver. Je l'aime beaucoup mais j'arrive à saturation, que le printemps soit ! Echarpe d'hiver en gros baby alpaga teint au henné.

    Mars : le mois qui l'a fait

    18 mars toujours : on devine la silhouette du Briac à encolure modifiée.

    Mars : le mois qui l'a fait

    14 mars : avec la première chemise patronnée moa-même et un gilet Burda en laine doublée de coton (patron 125 10/2010). Et manifestement, je ne change jamais de chaussettes.

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    Intermède modasse

      Dans le cadre du partenariat vicomte-lectorat pour la promotion de la diversité du revêtement podal, j'ai reçu début mars un petit paquet surprise made in Grand-duché with certainement énormément d'amour vu le calibre du fil employé. Le contenu arrivait à pic et était un tel joyau de finesse qu'il fallait que je lui fisse une place d'honneur sur ce billet en sortant mes plus belles chouzes.

    Mars : le mois qui l'a fait

    Mars : le mois qui l'a fait

    Bon par contre la photo produit c'est pas encore ça...

    Mars : le mois qui l'a fait

    Mars : le mois qui l'a fait

    Chaussettes "Thornfield" de Rachel Coopey en 40 en laine Lang Yarns Jawoll
    Pantalon large jawoll Burda (109 06/2012)


      Immense merci à Marie la grande duduche ! Je retire ce que j'ai dit sur le bout du pied d'ailleurs, la taille est parfaite.

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    Mars : le mois qui l'a fait

    15 mars : on reprend avec la jupe parapluie en laine antédiluvienne (2009) récemment doublée, veste burda en velours (patron 108 10/2010), écharpe à pampilles en baby alpaga.

    Mars : le mois qui l'a fait

    21 mars : retour devant l'ancienne porte de cuisine et son ambiance "partie de Tetris en train de se casser la gueule", avec la récente jupe en jean sur-mesure, et la Bianca de Wear Lemonade qui tente sa sortie trimestrielle. Finalement portée 2 jours, un record.

    Mars : le mois qui l'a fait

    25 mars : en ton sur ton printanier avec chemisier en Liberty (burda 118 09/2012) habituellement peu porté (on se demande pourquoi) et short en laine (burda couture facile 2D AH 2007) plus qu'approuvé, pour jouer les Michel-Ange du petit carreau : notre artisan n'ayant pas de solution à proposer pour foncer l'enduit de jointoiement trop blanc, j'ai testé une recette de mamie internet dont personne au juste ne donnait vraiment de retour : passer de l'huile de lin sur les joints. Ben je suis plutôt contente du résultat, l'imprégnation est un peu inégale selon les zones sans que j'aie réussi à déterminer à quoi cela tenait exactement, avec un beige pâle tirant sur le jaune qui unifie un peu la surface à l'œil (ligne de démarcation à hauteur du haut de la cuisse : joints teintés en bas, blanc cassé en haut)

    Mars : le mois qui l'a fait

    27 mars : total look burda (jupe 136 10/2010, chemise dérivée du manteau 101 01/2011, gilet 126 10/2011)

    Mars : le mois qui l'a fait

    30 mars : short fripé avec une deuxième tache, chemise His & Hers en coton non repassée, pour gratter les excès d'enduit de fenêtre sous un soleil chaud et radieux.

    Mars : le mois qui l'a fait

    31 mars : un dernier pour la route avec gilet laine-coton, jupe froncée maison en coton et savate Auchan. Je m'aperçois que la légère pression de l'élastique qui arrive à ma taille naturelle suffit à donner une sensation d'inconfort au niveau du plexus identique à celle d'un col trop étroit, c'est un peu dommage.

      Sur ce je vous laisse, j'ai une fête druidique pour fêter le salaire de mars. La prochaine fois, on causera probablement coin couture et potager de poche. 

     


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  •   Il sera question aujourd'hui d'une pratique répandue à tous les niveaux de la blogosphère et qui m'interroge toujours autant : l'étiquette fièrement apposée au vêtement fait-maison tout juste terminé. Je précise d'avance qu'il ne s'agit pas d'un article à but prosélyte ("faites tous comme moi, j'ai raison de toute façon"), mais plutôt à but dépaysant ("ces gens qui fuient l'étiquette, qui sont-ils, que veulent-ils ?").

    Pourquoi non ?

    - Si je couds, c'est parce que je veux m'émanciper d'une industrie qui cherche à orienter mes désirs et me faire entretenir un culte de telle ou telle marque. L'apposition d'une étiquette avec une marque, fût-elle la mienne, montrerait que je tiens encore à m'inscrire dans les codes de ce système-là.
    - Une étiquette tendrait à montrer la fierté d'avoir fait un vêtement aussi bien monté que ceux disponibles dans le commerce. Or dans la plupart des cas, la fabrication maison est discernable. J'arrive à la cheville d'une ouvrière roumaine du textile, pourquoi vouloir jouer à prétendre le contraire ?
    - Une étiquette, ça gratte. En mettre une, c'est de la gratitude volontaire.
    - L'étiquette serait un peu la signature de l'artiste. Genre t'as pondu un Degas alors qu'objectivement ça ressemble davantage à du Picasso. Je ne suis pas insensible au ridicule, donc je m'abstiens.
    - C’est souvent moche. Du coup c’est quand j’en vois une qui me plaît que je tique. La dernière fois c’était chez Jul
    - Ça fait customisation, un genre que je n’aime guère : "j’ai rajouté un truc, deviiine ce que c’est ?"
    - Cela donne l'impression que l'étiquette confère une légitimité à l'activité de coudre, comme si un vêtement sans étiquette avait moins de valeur à mes propres yeux et à ceux d'autrui qu'avec. Pour moi, binairement parlant, si trucmuche fait le nez devant le beau vêtement que tu as sué sang et eau à obtenir, soit c'est un con, soit c'est vraiment de la merde. C'est le test de vérité, pas besoin d'une étiquette pour fermer les yeux devant la cruauté du monde :) .
    - Cela donne aussi l'impression qu'on n'arrive pas suffisamment à s'approprier son vêtement tant qu'on n'y a pas cousu ce petit morceau d'étoffe. Pour ma part, je mets suffisamment de moi dans ce que je fais, et le vêtement est déjà tellement spécifique à mes yeux que je ne ressens pas le besoin de mettre une étiquette. Et puis une fois que c’est fait c’est fait, va petit vêtement, vis ta vie, j’ai déjà ton frangin qui m’occupe l’esprit, et puis je t’ai porté je sais que je suis ta mère ! (là on sent la névrosée qui n’aura jamais de gosse).

    Les cas qui me semblent justifiables

    - Quand mettre une étiquette fait partie du processus de personnalisation du vêtement et qu’on a envie de travailler à un beau design (le lien ci-dessus prouve que ça peut rester très simple)
    - Quand c’est un cadeau, ça remplace un peu la carte de vœu qui va avec : "Avec toutes mes amitiés, Machin-chouette."
    - Quand c’est pour une activité professionnelle et qu'on a besoin d'être identifiable
    - Quand elle porte des indications techniques : taille, entretien, matière.
    - Quand on a atteint un niveau tel qu’on ne peut pas voir que c’est du fait-maison.

      Et vous ? Ressentez-vous le besoin d’ajouter une étiquette à ce que vous cousez ou cela ne vous viendrait-il pas à l’esprit ? Quelle valeur cela ajoute-t-il à votre travail ? Qu’est-ce qui vous manquerait si vous ne le faisiez pas ? Et manquerait-il à votre sens quelque chose à ce monde si les pommes caramélisées n'existaient pas ?


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  •   Notre point vocabulaire du jour aura pour objet le mot inspiration et ses dérivés : inspiré, inspirant. De ces mots, c'est surtout le "inspirant" qui me fait monter l'agaçomètre au plus haut, "inspiration" n'ayant pas non plus été vidé de son sens, je n'ai pas de raison de chercher à le remplacer s'il correspond à ce que je veux dire. Ce qui m'énerve le plus je crois, c'est le côté extatique et vague de cette expression. Genre : "tu m'engagerais bien à l'action, mais attend encore un peu, je me sens tellement bien dans la contemplation de tes mots/images que je vais te coller encore un moment pour m'imprégner". Le côté aussi : "je te copierais bien et je suis un peu envieux de ne pas avoir eu ton idée avant, mais je préfère faire un peu de lèche avant de voir ce que j'en fais, on sait jamais ça peut servir."

      Donc, je remplacerais bien ce mot par l'expression "tu me communiques un grand désir de procéder au débridement des adhérences entre mes extrémités digitées et ma muqueuse rectale", mais on risque de perdre du monde en route, donc je choisirais : "apte à susciter l'initiative". Cinq mots au lieu d'un, certes, mais c'est plus précis.

      PS: je milite aussi pour l'éradication de la blogosphère du mot univers (j'ai aussi un problème avec le côté très extatique et très vague de ce mot, limite t'approche pas trop tu vas te faire absorber par l'étoile noire). Voici donc toute une liste non exhaustive de mots qui décriront et nuanceront bien mieux qu'"univers" ce que vous voulez dire:
    - environnement
    - contexte
    - milieu
    - domaine
    - segment
    - caste
    - référentiel/références
    - diégèse

    - système
    - tradition

    - héritage
    - mémoire
    - imaginaire
    - regard
    - sensibilité
    - ambiance
    - bulle
    - signature
    - singularité
    - personnalité
    - patte
    - atmosphère
    - style
    (Je n'ai pas mis "cosmogonie" parce voilà, quoi... c'est un peu le nouvel univers, ascendant new age)
    Et si vous ne trouvez pas votre bonheur là-dedans, vous savez ce qui vous reste à faire : procéder à un débridement énergique !!

    PPS: Pendant qu'on y est , même traitement pour "s'inspirer"
    - s'imprégner
    - s'exposer à
    - se confronter à
    - élargir son horizon
    - ouvrir des perspectives
    - se laisser influencer
    - se donner envie de faire
    - prendre de la graine
    - faire regermer
    - absorber
    - digérer
    - assimiler
    - s'approprier
    - copier
    - voler
    - emprunter
    - faire son marché
    - récupérer
    - adopter
    - dupliquer
    - se calquer sur
    - partir de
    - retravailler
    - interpréter
    - transposer
    - personnaliser


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